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Bruno Rochette, Caterina Mordeglia: Animali sui banchi di scuola. Le favole dello pseudo-Dositeo (ms. Paris, BnF, lat. 6503). in:

Gnomon, page 511 - 514

GNO, Volume 91 (2019), Issue 6, ISSN: 0017-1417, ISSN online: 0017-1417, https://doi.org/10.17104/0017-1417-2019-6-511

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C.H.BECK, München
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J. Briscoe: Korting, Varus’ Untergang 511 tion 7 of literature on Varus’ defeat, section 8 of other literary and historical literature. In section 4 (p. 154) there appears a translation of the whole of Livy by W.M. Roberts (1905) and n. 1462 says «Wikisource»; it is cited on seven occasions, six in the list of instances of citare. This is in fact the translation of Livy in the ‘Everyman’ series, published in six volumes between 1912 and 1924 (information from the British Library catalogue; I possess the first volume, containing books 1–5); it is unclear why, if he wanted an English translation, K. has not used the Loeb, as he does elsewhere. Manchester John Briscoe * Caterina Mordeglia: Animali sui banchi di scuola. Le favole dello pseudo-Dositeo (ms. Paris, BnF, lat. 6503). Firenze: Sismel – Edizioni del Galluzzo 2017. XIV, 150 S. 8 Taf. (Micrologus Library. 86.) 34 €. Attribués au grammairien de la fin du IVe s. Dosithée, auteur d’une Ars grammatica, dotée en partie d’une traduction grecque, les Hermeneumata Pseudodositheana (HP) sont un manuel scolaire bilingue grec-latin d’origine incertaine. Durant le Moyen Âge, cet ouvrage composite a rencontré un grand succès et a été diffusé dans toute l’Europe. Il nous est parvenu dans neuf rédactions, dont il est difficile de reconstituer les liens qui les unissent, comme c’est presque toujours le cas pour les œuvres de caractère scolaire. Bien que le recueil se soit modifié au cours du temps, on peut toutefois y reconnaître une structure quadripartite: (1) glossaires alphabétiques reprenant surtout des termes de nature verbale et secondairement adjectivale, (2) glossaires thématiques, (3) des exercices de conversation sous la forme de dialogues entre un maître et son élève, (4) des exercices de lecture à travers une anthologie de textes. Ce sont probablement les sections lexicographiques qui sont les plus anciennes. Les parties 3 et 4 ont sans doute été ajoutées plus tard. Les colloquia, dont Eleanor Dickey a donné une édition remarquable,1 constituent la partie la plus originale du recueil, non seulement pour la langue utilisée – l’Umgangssprache – tant au niveau lexical que syntaxique, mais aussi pour la description des pratiques didactiques. Les textes reflètent les lectures qui avaient cours dans le système éducatif impérial, à savoir les auctoritates littéraires traditionnelles, comme Homère, Ésope, Babrios, Phèdre et les réélaborations en prose et/ou en vers, mais aussi des œuvres de nature juridique (Tractatus de manumissionibus), gnomique (préceptes delphiques, Responsa sapientium, Hadriani sententiae) ou mythologique (Hygini genealogia). Sur l’époque et le lieu de composition des HP, il est difficile de donner des précisions. Les progrès des connaissances relatives à la pratique pédagogique à la fin de l’Empire romain ainsi que les papyri bilingues gréco-latins permettent de situer la production des HP entre la moitié du IIIe s. et le IVe s. dans un contexte où la connaissance du latin, promu comme langue officielle des provinces hellénophones, constitue une garantie de promotion sociale. La date de 207 mention- ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– 1 Dickey, E., ‘The Colloquia of the Hermeneumata Pseudodositheana. I. Colloquia Monacensia-Einsidlensia, Leidense-Stephani, and Stephani’, Cambridge 2012; ‘II. Colloquium Harleianum, Colloquium Montepessulanum, Colloquium Celtis, and Fragments’, Cambridge 2015. GNOMON 6/91/2019 B. Rochette: Mordeglia, Animali sui banchi di scuola 512 née dans la Généalogie d’Hygin dans la Recensio Leidensis que certains érudits retenaient comme un terminus ante quem pour la composition du noyau central des HP apparaît aujourd’hui comme trop incertaine pour être considérée comme fiable. À propos du lieu de provenance (origine orientale ou occidentale), la critique reste partagée. Dans deux recensions des HP (le Fragmentum Parisinum [FP] et la Recensio Leidensis [RL]1), deux manuscrits ont transmis, parmi les textes servant d’exercices destinés aux élèves, des fables ésopiques: le ms. Paris, Bibliothèque nationale de France, lat. 6503 (Corbie, sec. IX3/4 = P) et le ms. Leiden, Bibliotheek der Rijksuniversiteit, Voss. Gr. Q. 7 (Cologne, sec. X = L). Le présent ouvrage fournit, pour la première fois depuis l’édition de G. Goetz (1892),2 le texte contenu dans le FP édité à la lumière d’un examen autoptique du manuscrit. Le texte gréco-latin est accompagné d’une traduction italienne et d’un commentaire historico-littéraire. Il s’agit de dix-sept fables dans le FP (dix-huit dans la RL [RL 16. De culice, en vers iambiques, manque dans le FP]). L’ordre et la mise en page des textes dans la RL et le FP ne correspondent pas. Le FP présente à gauche la version latine et à droite la version grecque, disposition qui est le résultat de la tradition scolaire, et ne transmet pas les titres des fables. En revanche, la RL présente comme texte premier le texte grec et transmet seulement les titres en latin. Voici l’ordre des fables dans le FP avec l’équivalence dans la RL et la mention des textes parallèles (sans oublier les textes papyrologiques de la fin de l’Antiquité, naguère recueillis par Maria Chiara Scappaticcio).3 Parmi les fabulistes, il faut signaler Phèdre (Phaedr.), Avianus (Avian.) (IVe ou Ve s.), le Romulus (Rom.), dont le noyau primitif daterait d’environ 400 apr. J.-C. et qui est connu à travers trois Recensiones (Recensio Wissemburgensis, Recensio Gallicana et Recensio Vetus), et Adémar de Chabannes (Adem.), moine du Xe s. de l’abbaye saint-Martial de Limoges. Les liens entre les fables des HP et celles de ces auteurs sont difficiles à établir. FP 1 (= RL 1. De cervo) – Phaedr. 1, 12; Rom. 57; Adem. 41. FP 2 (= RL 2. De mure) – Rom. 22; Adem. 18. FP 3 (= RL 9. De corvo) – Hor. sat. 2, 2, 55; Phaedr. 1, 13; Apul. Socr. Prol. 4; Rom. 19; Adem. 15. FP 4 (= RL 10. De puero) – Rom. 88. FP 5 (= RL 11. De cane) – Phaedr. 1, 4; P. Oxy. XI 1404; Rom. 6; Adem. 7. FP 6 (= RL 12. De rana) − Rom. 4; Adem. 4. FP 7 (= RL 3. De muribus et mustelis) – Phaedr. 4, 6. FP 8 (= RL 4. De patre familias) – aucune correspondance. FP 9 (= RL 5. De cattuna) – Rom. 85. FP 10 (= RL 8. De cornice) – Plin.10, 125; Avian. 27; Rom. 87. FP 11 (= RL 6. De leone) – Lucil. 980 M; Hor. ep. 1, 1, 73; Sen. de otio 1, 3; Rom. 86; Adem. 59. ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––– 1 Flammini, G., ‘Prolegomena alla recensio plenior degli Hermeneumata pseudodositheana’, GIF 42, 1990, 16–18; ‘Hermeneumata Pseudodositheana Leidensia’ [Bibliotheca Scriptorum Graecorum et Romanorum Teubneriana], München-Leipzig 2004, 78– 91. 2 Goetz, G. (ed.), ‘Corpus glossariorum Latinorum, III. Hermeneumata pseudo- Dositheana’, Leipzig 1892 [Amsterdam 1965], 94–108. 3 M. Ch. Scappaticcio, ‘Fabellae. Frammenti di favole latine e bilingui latino-greche di tradizione diretta (III-IV D.C.)’, Berlin-Boston 2017. GNOMON 6/91/2019 B. Rochette: Mordeglia, Animali sui banchi di scuola 513 FP 12 (= RL 7. De infirmo) – Auson. epigr. 79 Green. FP 13 (= RL 13. De asino et lupo) – Rom. 89. FP 14 (= RL 14. De tauro) – Avian. 13; Rom. 90. FP 15 (= RL 15. De homine et leone) – PSI VII 848; Avian. 24; Rom. 91; Adem. 52. FP 16 (= RL 17. De formica) – Avian. 34; Rom. 93; Adem. 56. FP 17 (= RL 18. De mure rustico et urbano) – Hor. sat. 2, 6, 80–117; Rom. 15; Adem. 13. Après une présentation très détaillée du manuscrit de Paris vient l’édition du texte. La publication d’un texte aussi spécifique que celui des fables des HP implique des choix éditoriaux qui ne sont pas conventionnels. L’éditrice a choisi une édition diplomatique du texte latin-grec pour pouvoir fournir un témoignage sur les particularités de composition et de transmission de l’œuvre, laquelle revêt sans aucun doute une valeur historique et documentaire. Le latin constitue un témoignage sur la langue vulgaire, qui a suscité un grand intérêt ces dernières années. Le grec, quant à lui, présente des caractéristiques graphiques que l’on rencontre dans la langue non littéraire des papyri de la fin de l’Antiquité (l’alternance de quantité des voyelles ο/ω, l’itacisme ι/ει, la confusion de ε/η et de π/τ, phénomènes qui sont le signe d’une mauvaise connaissance du grec de la part du copiste et/ou du traducteur du texte latin). Pour le grec, la scriptio continua est respectée, car elle est caractéristique de la majuscule dite biblique. A été maintenu également le point qui se trouve, dans les huit premières fables, au-dessus de l’ypsilon, soit sur une diphtongue soit sur la lettre simple, dû à la même main que le texte. La nature d’un tel signe reste obscure. Pour la transcription du texte latin, les mots sont séparés étant donné que la minuscule caroline ne prévoit pas la scriptio continua et que la compression du texte est due à l’obligation du copiste d’économiser la place. La transcription grecque et latine est suivie par un apparat critique qui contient les corrections graphiques apportées au texte par le copiste et/ou son correcteur (on ne peut pas distinguer les deux mains avec certitude). Dans le texte diplomatique, on retient seulement la leçon ante correctionem. Vu l’intérêt historique et littéraire du texte pour l’histoire du genre de la fable dans le domaine latin, l’édition diplomatique est suivie par un essai de restitution critique du texte latin, guidé par un conservatisme au niveau des particularités linguistiques et graphiques, même au sein d’une même fable. La normalisation graphique est adoptée seulement lorsque la graphie d’origine peut entrainer des malentendus de sens. La longue préface du FP a été omise, car elle réfère plus aux HP qu’aux fables elles-mêmes. En revanche, la brève praefatio est bien en relation avec le recueil des fables, puisqu’elle fait référence à la matière ésopique et annonce le début de la première fable, selon un procédé typique du fabuliste Phèdre. La numérotation des fables suit l’ordre qui apparaît dans le FP. La correspondance avec les fables de la RL est indiquée dans le commentaire. Pour le titre de chacune des fables, c’est le titre présent dans la RL qui apparaît, à l’exception de la fable 9, où le terme cattuna, qui donne le titre à la fable de la RL, n’apparaît pas dans celle du FP. L’apparat critique mixte contient les variae lectiones des éditions précédentes, y compris les variantes orthographiques vu les particularités linguistiques du texte. Il est suivi par un apparat des loci paralleli. Après la mention des textes parallèles, il contient une sélection de passages ou de iuncturae venant des autres GNOMON 6/91/2019 B. Rochette: Mordeglia, Animali sui banchi di scuola 514 témoins de fables latines classiques, tardo-antiques et médiévales et de la RL qui peuvent être utiles pour étudier les développements du thème narratif entre la fin de l’Antiquité et le Moyen Âge. Le texte est accompagné d’une traduction italienne. Pour finir, le commentaire signale pour chacune des fables la version correspondante dans la RL, les réélaborations classiques, médio-latines et humanistiques, compare les différents textes avec les principales attestations latines du thème de la fable et met en évidence, le cas échéant, les particularités textuelles, linguistiques et grammaticales. Le FP constitue certainement le témoignage le plus important relatif au développement du genre de la fable dans l’Occident latin, d’abord à cause de la forme linguistique, plus proche des usages classiques que celle de la RL (ce qui conduit à supposer un recours à un original latin circulant peut-être dans la France centrale et septentrionale d’où provient le Parisinus Latinus 6503 et où ont été conservés les manuscrits les plus anciens de l’œuvre de Phèdre), ensuite pour les fortes ressemblances avec les fables du Romulus médiéval, surtout avec sa version la plus diffusée en Europe, la Recensio Gallicana. Ce travail, qui est complété par huit planches et des index, constitue, après les ouvrages de Giuseppe Flammini, Eleanor Dickey et Maria Chiara Scappaticcio, une contribution importante à l’histoire de l’éducation dans le monde grécoromain dans un contexte bilingue et un apport original à l’étude du genre littéraire de la fable gréco-latine, comme l’a bien mis en évidence Michel Pastoureau dans sa courte préface. Liège Bruno Rochette * Francesco Ursini: Ovidio e la cultura europea. Interpretazioni e riscritture dal secondo dopoguerra al bimillenario della morte (1945–2017). Premessa di Carlo Ossola. Roma: Editrice Apes 2017. 353 S. 25 €. The occasion of the putative bimillennium of Ovid’s death in 2017 was marked by numerous international conferences across Europe and beyond, a demonstration of the strong Europeanism and, indeed, globalism of the institution of classical studies. Beyond academe, however, the post-war European project is today subjected to increasing pressures, and the ideal of a pan-European identity becomes ever more imperiled. Francesco Ursini takes the occasion of the bimillennium of an author who, perhaps more than any other Greek or Roman author, even Virgil, has permeated and helped to form European culture, literature and art over the past two thousand years, in order to survey interpretations and rewritings of Ovid since the end of the second world war in 1945. That date was also marked by the publication of two books, one on Virgil and one on Ovid, each of which perpetuates currents of thought and aspirations of the 1930s, and each of which is prophetic of developments in the coming decades in the reception of these two great Augustan poets. The one was a novel, Hermann Broch’s ‘Der Tod des Virgil’ (New York 1945), the other a work of scholarship and literary criticism, Hermann Fränkel’s ‘Ovid: a poet between two worlds’ (Berkeley and Los Angeles 1945). Both books, in their very different discourses, project the image of a poet who writes in the awareness, obscurely felt it may be, that he is living in a period of transition be- GNOMON 6/91/2019

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As a critical journal for all classical studies, the GNOMON fosters the links between the distinct classical disciplines. It has thus an exceptional position among the classical review journals and allows familiarization with research and publications in neighbouring disciplines. The reviews address an international readership from all fields in classical studies. The GNOMON publishes reviews in German, English, French, Italian and Latin.

The GNOMON is published in eight issues a year.

Zusammenfassung

Der GNOMON pflegt als kritische Zeitschrift für die gesamte Altertumswissenschaft die Verbindung zwischen den verschiedenen Disziplinen der Altertumswissenschaft. Er nimmt dadurch eine Sonderstellung unter den Rezensionsorganen ein und bietet die Möglichkeit, sich über wichtige Forschungen und Publikationen auch in den Nachbarbereichen des eigenen Faches zu orientieren. Die Rezensionen im GNOMON wenden sich an ein internationales Publikum, das aus allen Teilgebieten der Altertumswissenschaft kommt. Die Publikationssprachen im GNOMON sind: Deutsch, Englisch, Französisch, Italienisch und Lateinisch.

Der GNOMON erscheint acht Mal im Jahr.